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 femme au bord de la crise de nerf (gino)

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MessageSujet: femme au bord de la crise de nerf (gino)    Dim 8 Jan - 12:39

Des nuits passées, les yeux grand ouvert, à chercher que le sommeil m'embaume, berçant mon corps  apathique et mon cerveau endormi. J'aimerais me réveiller le matin, rassasiée de visions oniriques – de souvenirs imagés aux couleurs de l'Italie. Pour « guérir » mes insomnies, je suis obligée de prendre les cachets, prescrits par mon médecin de famille, pour reposer mon cerveau des soucis qui m'obsèdent au point de ne pas fermer un œil de la nuit. Le médecin anglais m'expliqua qu'il était peut être question du décalage horaire, ou du changement de temps, d'atmosphère... mais mon médecin italien, que je m'empressa d'appeler pour certifier les propos du premier, me rétorqua qu'il s’agissait peut être d'un début de dépression. J'ai momentanément arrêté les cachets. Ils te laissent un goût âpre au fond de la gorge, et lorsque tu en a pris un la veille au soir, tu te réveilles le matin avec ce goût désagréable métallique et un mal de crâne. Je me souviens de ma grand-mère qui, lorsque ma mère se plaignait d'une douleur insupportable au cerveau, lui disait qu'elle faisait une méningite – j'ai toujours cru qu'il s'agissait d'une maladie imaginaire des gens qui se faisait trop de soucis, mais maintenant que j'ai des migraines, chaque matin, j'espère qu'il s'agît d'une maladie physique et non mentale. Il est plus aisé de croire en un dysfonctionnement corporel qu'en un cerveau en bordel. J'aimerais me dire qu'il s'agît d'un cancer ou d'une tumeur, que de découvrir que je suis maniaco-dépressive. Le deuxième étant plus difficilement guérissable que le premier. Peut être alors qu'il s'agît d'une tumeur des humeurs.

Dans le regard de mon fils et de mon mari, débordant de désarroi, j'aperçois le reflet d'une malade. Lors de mes crises de nerf, mon mari me hurle « Tu m'excèdes ! », avec une gifle claquant ma joue endolorie. On ne guérit pas une malade avec des coups de poings et des coups de pieds. Mes pleurs ne sont qu'un appel au secours d'une noyée tombée du bateau dans une mer furieuse. Je cherche chez mon mari de la compassion, quelque chose comme un sentiment d'amitié et de compréhension. Mais ce dernier n'a rien que des émotions de marbre lorsque, emportée par une crise d'hystérie, je hurle mon mal-être dans l'espoir d'être entendue. Je n'aperçois rien, au fond de ses yeux, qui s'apparenterait à de la sensibilité. Au fil des années, j'ai compris que mon époux est un homme de marbre, qui n'éprouve aucun sentiment. Le tailleur de pierre a ainsi façonné mon enfant à son image. Avec l'âge, Gino s'est endurcit, devenant lui aussi une statue de pierre avec un cœur de pierre, moulé sur mesure par son père.

Le radio réveil indique quatorze heures de l'après midi. Je m'extirpe difficilement de mon lit, assommée par le mal de tête quotidien, dû aux cachets, ou bien à l'alcool ingurgité la veille, ou au mélange des deux, peut être. Mes jambes flagellent en sortant du lit, et c'est difficilement que j'arrive porter mon poids dessus pour descendre les escaliers et rejoindre la cuisine. La maison est silencieuse, je suppose que mon mari et mon fils sont partis s'occuper de leurs affaires dehors. Je me sers une tasse de café, réservé au chaud dans la cafetière.

Finalement, j'entends Gino descendre les escaliers à toute vitesse, attrapant au vol sa veste en cuir, prêt à s'enfuir par la porte d'entrée.

- Gino, tu ne dis pas bonjour à ta mère ?

Stoppé net dans son élan, la main sur la poignée, Gino arrive dans la cuisine, avec son air débraillé et ses cheveux mal coiffés.
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Gino Salvatici
QUARTIER : OUEST
PRÉNOM : NEPTUNIUM 237
AVATAR : ELIAS
CRÉDITS : SOHA
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MessageSujet: Re: femme au bord de la crise de nerf (gino)    Lun 9 Jan - 18:48

J’ai passé la nuit à vagabonder, encore. Sur mon visage il y a les stigmates du manque de sommeil, des cernes profonds autour de mes yeux clairs. Passer de l’eau fraîche sur mon visage n’aura eu pour effet que de créer des rougeurs sur le pâle épiderme.
Dans ma chambre, il y a cet immense miroir que nous avons ramené d’Italie. Il est plus grand que moi, plus large aussi et son cadre est tout faire de dorures et de reliefs qui représentent des feuillages. Il a toujours été dans ma chambre, même là-bas. J’ai arrêté de vraiment me regarder dedans parce que je savais qu’il était là. C’est un peu ce qu’il se passe avec les personnes qui nous sont chères, on passe devant sans s’arrêter, on sait qu’elles sont là alors on ne s’inquiète pas, c’est comme ça. Aujourd’hui je m’arrête devant, j’y observe mon visage déchiré par le rythme de vie aléatoire et un peu débauché, c’est vrai. Mais ici j’ai l’impression de ne plus être soustrait à rien, il me semble que la liberté elle-même coule dans mes veines et qu’elle permet à ma personne d’aller courir partout, d’aller fouiner dans tous les coins sales de Killorick sans se soucier des éventuelles conséquences, encore moins des autres. Je vois mes cheveux gras à la racine, mes joues qui ont encore la rondeur de l’enfance, et tous ces traits que le père et la mère Salvatici m’ont donné, appuyant leur empreinte, disant je suis là en venant se graver dans les traits de ma figure.
J’achève de m’habiller et je me dirige vers les escaliers que je descends au pas de course, la cigarette coincée entre les lèvres, prêt à l’incendier dès que j’aurais un pied dehors. Ma main se saisit du blouson en cuir et au moment où l’autre prend appui sur la poignée de la porte …
- Gino, tu ne dis pas bonjour à ta mère ?
La main retombe et un soupir s’échappe par mes lèvres entrouvertes.
Je fais alors demi-tour, allant vers l’origine de la voix qui trouve son berceau dans la cuisine spacieuse de la maison. Maman est assise autour de la table, une tasse de café à peine fumante contre les paumes, vêtue de sa robe de chambre au tissu brillant. Je m’approche d’elle et je dépose ma bouche sur le sommet de son crâne.
- Ciao, mamma.
Je murmure alors.
Je tire la chaise face à sa personne avec grand bruit et je m’y laisse tomber.
C’est ce que je disais, les personnes qui nous sont chères, on passe devant sans s’arrêter, on ne les regarde plus tellement. Là je regarde ma mère avec les sourcils un peu froncés, jaugeant son visage qui en dit long – comme le mien en dit long aussi. Elle est écrasée de fatigue, presque fébrile et tout ça l’enlaidit. Je déteste avoir à dire ça, mais ses états seconds quand elle se berce le soir d’alcools et de médicaments la défigurent, font ressortir ce qu’il y a de plus mauvais en elle. La cigarette est toujours coincée entre mes lèvres, seulement retirée pour embrasser ma mère, simple attitude de provocation. Je n’ai pas retiré mon blouson et je me plais à faire jaillir sans m’arrêter la flamme de mon briquet.
- La nuit a été courte, on dirait.
Je fais le constat des choses.
Un constat clair, mais néanmoins chargé de lourds sous-entendus.
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femme au bord de la crise de nerf (gino)
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