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 Improbable (Crash)

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Olly Wolfhard
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MessageSujet: Improbable (Crash)   Ven 6 Jan - 6:41

Tu t’en rappelles, comme si c’était hier. Oué, que tu l’avais rencontré. Avec ses rires et ses sourires. Avec ses putains d’yeux trop profonds et son beau visage. Lui. Crash. Tu t’en rappelles. Comme les chiffres qu’il t’a inscrit sur le bras. Sans que tu ne bronches. Sans que tu ne lui hurles dessus, de pas te colorier. Non. Et pourtant, tu l’as un peu maudit, en essayant de les enlever. Peau rougit à force de frotter. Après, bien sûr, avoir noté son prénom et son numéro dans ton téléphone. Mais, non. Walter, t’as pas osé. Non, pas tout de suite.

Parce qu’il te fait ressentir des choses que t’as oublié depuis longtemps. Parce que putain, il a dix-huit ans. Alors, t’as laissé le gamin en silence. Regardant encore et encore les derniers chiffres s’effacer sur ta chaire. Et puis, t’en a plus pu. T’as pas voulu. Passer à côté. De lui. De ses sourires qui te semblent précieux, trop. Qu’il ne doit pas faire si souvent. Enfin, tu le ressens comme ça. Le revoir. Vouloir en connaitre plus. Le connaitre. Alors, un beau soir. Trois, quatre jours après votre rencontre. T’as sorti le téléphone. Et t’as tapé rapidement dessus. Pour lui demander s’il voulait venir. Pour lui montrer les moutons. Peut-être pas tous. Non. Mais, t’en as deux, trois particulièrement dociles. Qu’il pourrait caresser. Qu’il pourrait toucher. Tu penses que ça peut lui faire plaisir. Et puis…si ça lui plaît.

T’as rêvé. De lui. T’as ton corps qu’à fourmillé en pensant à lui. À votre rencontre tellement improbable. Mais. Tu t’es rendu compte que Crash, est aussi crashé que son prénom. Quand y a tes doigts qui l’ont effleuré, la dernière fois, t’as sentit le corps se tendre. Le corps se fermer et t’as compris. Qu’il devait être lui aussi. Un peu cassé. Sourire sur tes lèvres, t’es là, devant la maison à l’attendre. Tu lui as donné ton adresse pour qu’il vienne ce matin. Pour pouvoir tout lui montrer, lui expliquer. Parce qu’en plus d’être content, stressé, horrifié, de le voir. T’es content de pouvoir, enfin, montrer à quelqu’un ton métier et, t’espères qu’il va aimer. Oui.
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MessageSujet: Re: Improbable (Crash)   Sam 7 Jan - 11:51

T'as pas de réveil. T'es du genre à vouloir rester au lit pour le reste de ta vie, le genre à vouloir rester sous les draps et ronfler comme un baleineau. Tu fermes toujours les volets de ta chambre avant de fermer les yeux pour pas être réveillé par les rayons malicieux du soleil. T'autorises qu'un soleil à te réveiller : ta mère. Y a qu'elle qui a le droit de te secouer dans ton lit. Tu grognes un peu, t'émerges difficilement, mais elle réussit toujours à te lever. Là, elle est pas là, et ça va durer longtemps. Elle est pas là et tu te demandes bien si tu vas la revoir cette année, ou l'année prochaine, ou dans deux ans. Tu sais qu'elle est pas bien quand elle te voit comme ça, tu sais qu'elle pleure maintenant, au petit-déj, alors qu'avant elle plongeait son joli sourire dans son thé au citron, elle ébouriffait tes cheveux et elle te disait : "Quand est-ce que t'as commencé à être aussi beau ?" Tu souriais, ton frère se foutait de toi, vous finissiez par vous jeter des céréales à la figure puis maman vous tirait les oreilles et vous balançait dans la voiture. T'as plus eu ça, après l'accident. C'était plus jamais la même chose. Et maintenant, c'est encore pire. La main qui se pose sur ton épaule nue, c'est pas la sienne, c'est pas elle qui te voit baver sur ton oreiller, c'est ta tante. Tu l'aimes bien, mais tu la connais pas trop. T'apprends à la connaître encore, et t'aurais pas permis à une simple connaissance de te sortir de tes rêves. Mais quand tes yeux s'ouvrent pour la première fois de la journée, que ton regard s'ajuste sur son visage, tu vois un peu de maman dans ses traits et tu vois surtout qu'elle essaie de faire bien. Alors tu grognes pas (juste un peu), tu te lèves. Tu te jettes sur ta chaise, tu remontes un peu ton caleçon. Tu te regardes dans le miroir, t'aimes plus trop te voir torse nu. Avant t'avais ces jolis abdos qu'ont les garçons vaillants, maintenant y a un peu tout qui redescend. T'as beau tout faire pour garder la forme, tu le vois bien, chaque matin, que tes bras s'allongent, que tes jambes maigrissent et ton dos se courbe. Tu forces un peu sur les bras, tu bombes un peu le torse et en faisant comme ça, tu les revois, tes muscles, tu les revois, les efforts que tu fais à la salle et à la boxe. Et tu souris.

Aujourd'hui t'as pas cours (enfin tu crois), t'as reçu un message de Walter qui veut te voir. Walter, tu sais pas trop quoi penser de lui. C'est un type, comme ça, que t'as croisé. C'est un type, comme ça, qu'est resté dans ta tête, il a pas voulu se casser, ce con. Et à force d'y penser, c'est arrivé. Il t'a envoyé un message, tu savais pas trop comment réagir, quoi répondre. T'as envoyé un truc bateau. Et maintenant, tu dois te préparer parce qu'il est bientôt l'heure d'y aller. T'enfiles d'abord un vieux t-shirt, tu manges, tu te laves et tu te changes. Jean delavé, déchiré, retroussé, doc martens noires, débardeur blanc et sweatshirt Nirvana. T'attrapes ton sac, tu vérifies si t'as bien tout pour tes clopes : feuilles, tabac, filtres, briquet. Ta tante t'aide à monter dans la voiture, elle est faite spécialement pour ceux comme toi, puis vous filez tout droit vers la campagne. Vous quittez la mer pour découvrir les prairies à perte de vue qui rejoignent à l'horizon le gris du ciel. Et t'arrives, enfin, au lieu de rendez-vous. Ta tante te pousse jusqu'à l'entrée, parce que selon elle, le sol est inégal. Selon toi, t'aurais pu te débrouiller. Elle se baisse pour te demander si c'est ce gars, là, chez qui t'es censé aller (elle pensait que tu parlais d'un pote du lycée), puis elle fronce un peu les sourcils quand tu dis oui, mais elle continue à vous avancer. Arrivée face à lui, enfin, elle lui tend une main et un sourire, puis elle te dit qu'elle reviendra dès que tu lui enverras un message, mais après quinze heures, si possible. Tu sais pas ce que vous allez faire de toute la journée. Et quand la voiture redémarre, tu peux enfin être content de le revoir. Tu lui fais ton grand sourire puis tu passes avant sur le chemin qui mène chez lui. Bon alors, ils sont où tes moutons ?
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Olly Wolfhard
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MessageSujet: Re: Improbable (Crash)   Sam 7 Jan - 13:17

Tu le vois s’avancer de loin. Là, assis sur son fauteuil, une femme le poussant. Ça te crispe un peu. Ça te fait un peu mal, là, quelque part dans ton corps. Sa mère ? Peut-être, t’en sais rien. Oué, t’avais oublié l’espace d’un instant, qu’il est jeune. Très. Trop ? Merde, tu t’en fous Walter. Sourire, et serrer la main. Ça te fait si bizarre. Tu vois, son regard sur toi. Tu vois, qu’elle doute un peu du bien-fondé de laisser Crash avec toi. Mais, elle finit par se retourner, s’en aller. Oh. T’es un peu perdu. T’avoues que t’avais pas vraiment pensé au temps. Non. Mais, pourquoi pas le garder avec toi toute la journée. Oué. T’aimerais bien. C’est sûr.

Elle s’en va. Et, tu peux enfin. Le regarder vraiment, enfin le détailler à nouveau. Ton regard volant sur ses vêtements, sur son visage. Putain de sourire. Y a ton cœur qui manque un battant. Avant de repartir à vive allure. Merde. Dans quoi tu t’es fourré ? Tu hésites, jusqu’à l’entendre. Jusqu’à ce que spontanément, il te fasse rire. Encore. Tu te demandes comment cela est possible. Comment il arrive à te faire sourire et rire si facilement. Une phrase toute conne et te voilà à rire. À lui sourire, si doux, si fort.

Passer une main dans tes cheveux, remonter les manches de ta chemise (rouge, ouverte sur ton débardeur noir) jusqu’au coude. Dévoilant les myriades de dessins qui virevoltent sur ta peau. Partout, jusqu’au bout des doigts. « Oh, faut aller à l’étable, ils sortent pas ce matin. » Tu pointes du doigt la ferme accolée à ta petite baraque. Ça paie pas de mine et pourtant, ça sent bon la chaleur. Tu t’approches de lui. Tu sais pas trop quoi dire. Tu voudrais…tu lui souris trop grand, des papillons partout dans ton corps. « Aller go ! » Tu te glisses dans son dos, attrapes les poignées et commences à pousser. T’es si détaché, Walter. Parce que tu le fais par politesse. Y a pas de pitié, y a pas de douleur, ni de question dans ton regard. Peut-être parce que y a ton passé qui t’a appris. Parce que tu sais. Qu’il n’est pas plus anormal que toi, qu’eux, que tout le monde. Mais, t’as que des petits chemins de terre, pleins de gravillons. Alors, tu le pousses simplement, tes doigts frôlant son dos. Et, t’as l’impression que ça créer une putain d’intimité. Souffle doux. T’essayes de pas t’emballer.

« J’ai surtout des moutons blancs. Bien sûr, plus de femelles que de mâles. J’en ai deux. Eux, ils sont là pour faire les petits. Enfin… J’ai aussi des moutons noirs. Ce sont mes préférés. D’ailleurs, je pense que tu pourras en caresser un. Y a Spot, mhm, c’est le seul qu’à vraiment un nom. Il est super doux. Enfin...Si tu veux le caresser bien sûr ! » Ça fait bien longtemps que t’as pas parlé autant. Putain, tellement. Mais, ça t’es venu naturellement en le guidant jusque dans l’étable. Et puis, c’est ta passion. Alors, tu pourrais en parer très longtemps. Pousser la porte, entrer dedans. Et, y a cette odeur d’animaux qui fend l’air. Toi, t’aimes. Ça sent la vie. Mais, tu sais pas ce que va en penser Crash. « Et voilà. » Quelques bêlements se font entendre alors que les moutons sont parsemés dans l’étable.
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MessageSujet: Re: Improbable (Crash)   Sam 7 Jan - 22:55

Toute ta vie, on t'as proposé de te pousser. Les gamins à ton école, ils se servaient de toi pour gagner l'élection des délégués. Ils ont l'impression de faire leur bonne action de l'année, en s'agrippant à ces poignées dans ton dos, en te déplaçant. Ils ont toujours l'impression de te faire plaisir, de te rendre service. T'es toujours le premier à gueuler quand on te fait ça, parce que ça se fait pas, t'es déjà contraint à rester assis là, alors si en plus t'as plus d'autonomie. T'es toujours le premier à dire que t'as pas besoin qu'on te pousse, le premier à dire que t'aimes pas ça, ce sentiment d'être assisté, ce sentiment de pas avoir le choix. T'es encore libre de choisir quel sentier tu veux prendre, merde ! Et pourtant, quand c'est Walter, tu dis rien. Tu souris comme un con. Tu te laisses faire, tu te laisses aller, tu te laisses guider. Tu le laisses prendre les choses en main, parce qu'il a l'air de savoir ce qu'il fait. Tu le laisses. Et tu cherches ton téléphone, t'ouvres Snapchat et tu prends une photo de vous deux sur le chemin, avec le filtre chiot. Tu la mets pas dans ta Story mais t'enregistres l'image, après deux secondes d'hésitation. Puis tu verrouilles ton smartphone derechef. Tu lèves la tête, le plus possible, y a vos regards qui se croisent et y a ta main qui, tu sais pas trop pourquoi, va chatouiller sa barbe. T'as encore ton sourire sur la gueule quand tu la retires et que tu reposes les yeux sur le chemin devant vous qui tourne et qui s'ouvre sur l'étable. T'es attaqué par l'odeur, t'as pas l'habitude. Lui il semble être dans son élément.

Dans ton regard, y a des étoiles qui naissent. T'as l'impression d'avoir cinq ans et de découvrir le cirque. C'est pas aussi spectaculaire, les moutons, mais c'est un truc que tu vois pas souvent. Il t'en parle, il te parle de Spot que tu pourras caresser si tu veux. Et tu repenses à ce que tu viens de faire, et tu repenses à sa petite barbe, et t'as l'impression que c'est un peu de lui qu'il parle. "Il est super doux", qu'il dit. Il est super doux. Il te relâche et tu fais ce que t'as eu envie de faire depuis le début, poser les mains sur tes roues et foncer à toute vitesse dans l'allée droite. Et tu rigoles si fort de voir tous les moutons paniquer qu'ils paniquent encore plus. T'as plein de foin dans les rayons maintenant, t'es vraiment con, puis tu te retournes vers Walter et tu étouffes un rire, il doit vraiment penser que t'es qu'un gamin, mais au moins, tu caches pas qu'au fond, t'es pas qu'un gros dur, t'as ta part de malice et d'insouciance. Eh puis, y a aussi ton côté câlin qui ressort, quand tu croises le seul mouton qui a pas flippé, qui est resté à la grille et qui bêle, encore. T'as l'impression qu'il te gueule dessus, d'avoir fait tourner le fromage de ses copines (et tu te demandes un instant si ça fait du fromage, les moutons). Puis tu t'avances jusqu'à son museau tout blanc et beige et rose, tu tends le bras pour le toucher. T'as pas peur, lui non plus. Puis tu finis par le gratter sous la gueule et il apprécie pas, alors il se casse et il te laisse comme ça. Reviens mouton ! C'est débile de dire ça. Tu boudes, la lèvre du bas qui grossit les yeux qui tombent sur les côtés, puis tu roules jusqu'à Walter et tu lui demandes : T'as toujours voulu être berger ? Ton regard coule sur les petits agneaux au mêêê qui dégouline de douceur. T'as le cœur gros de les voir derrière ces barrières, puis d'un autre côté tu te dis que ce type, plein de tatouages, aux airs de grand anarchiste, ce type, il passe ses journées là, à s'occuper de ces bêtes. Et toi, tu sais pas ce que tu veux faire plus tard, tu sais même pas si tu seras encore là demain. Tu respires encore un coup le parfum à la fois frais et particulier de la bergerie, tu te verrais bien ici, pour dire vrai. Il fait plus bon qu'à la mer. T'es encore un peu loin de lui, y a une distance que tu gardes, parce que quand t'es trop près, y a son parfum qui te fait frissonner.
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MessageSujet: Re: Improbable (Crash)   Dim 8 Jan - 9:34

Tu sais pas trop quoi penser. Pas trop quoi comprendre. De comment tout cela se passe. De comment y a cette intimité, cette bulle, qui se créait directement quand vous êtes ensembles. Parce que cette fois, c’est pas ta main qui touche son visage. Non. C’est la sienne. Et, t’as presque l’impression de rougir. Putain. Mais…ça te fait tellement flipper, tellement respirer. Sourire, idiot. Tu le laisses faire, sa photo. Tu le laisses faire.

Oué, mais, t’as quand même les gros yeux quand tu le vois se précipiter dans le chemin entre les grilles. À faire le con. À rire comme un fou. Les moutons, bêlent de mécontentement. Et toi. Toi, tu peux pas t’empêcher de l’accompagner dans son rire. Oué, tu ris en le voyant. Tu ris en regardant le dernier mouton s’éloigner. En l’entendant se plaindre. Putain, c’est tellement agréable. T’as l’impression de respirer, tellement. Il te fait te sentir léger avec ses bêtises. Punaise. T’aurais aimé…le rencontrer avant. Bien avant. Le regarder, le détailler, lui, qui revient vers toi. Qui capte les bébés derrière toi. Oui. Mais, y a surtout sa question qui reste hanter dans ta tête. Ah…

Tu sais pas quoi dire. Parce que non. Non t’as pas toujours voulu faire ça. T’as…t’as d’abord voulu faire prof. Puis, y a tes parents qui t’ont forcé à faire médecine. Avant. Avant que tout ne se dégrade. Avant de voir ta vie partir en lambeaux. Et pourtant, t’en étais content. Frisson qui glisse sur ton corps. T’as ton regard pétillant qui, soudainement, devient hanté. T’as erré. Erré dans la rue avec tes chiens. T’as erré, pour trouver ta dose. Ta seringue, ta putain de drogue. Une, deux, trois, quatre, cinq, six…tu ne saurais plus dire, combien de fois par jour tu te perforais les veines pour te sentir vivre. Y a ton corps qui tremble. T’as juste l’impression d’être parti. De plus rien entendre. Tu revois, leurs visages détruits, en même temps que le tien. Tu revois, parfois, les corps sans vie. La dose de trop.

Sursaut violent, y a là, sur ton bras, une main. Sa main. Et, la réalité revient soudainement. Et, tu te secoues un peu la tête. Tu te racles la gorge. Putain. Sourire. Lui sourire, parce que, t’as l’impression que tu l’as fait flipper. « Oh, euh non. Non, je fais ça que depuis une petite année. » Se retourner, te pencher, là, sur les enclos des petits et en attraper un tout noir. Rester là. Tu sais, as envie de… « Avant…c’était pas. Pas terrible. » Te retourner, lui sourire encore et t’accroupir à ses côtés. Pour poser le petit sur ses genoux. Doucement. Parce que tu voudrais pas qu’il le blesse. « Je te présente Spot. » Tu ris. Et, tu peux pas t’empêcher, pour le rassurer, parce que tu en as envie, parce que tu le trouves beau. De glisser là, ta main dans ses cheveux.
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MessageSujet: Re: Improbable (Crash)   Dim 8 Jan - 16:10

T'as le souffle court pendant votre grand silence, t'as le souffle court quand il fait que regarder dans le vide comme s'il allait y jeter tout son corps. Tu sais pas vraiment ce qui lui prend, c'est qu'une question, comme ça, pour apprendre à mieux le connaître, le m'sieur aux sacs de courses. C'est qu'une question comme ça, c'est pas censé faire cet effet-là, si ? T'as l'impression que y a ses yeux qui se mouillent un peu, mais c'est peut-être qu'une impression. T'as aussi l'impression d'avoir fait une connerie, d'avoir dit un truc de travers, d'avoir touché un point sensible. Tu gardes une sorte de sourire affecté, t'as la bouche pleine de questions. Tu te demandes où elles sont, ses fragilités, où elles sont, ses failles, parce qu'il a l'air d'être dur, le type. Il a l'air assez costaud pour tout encaisser, puis tu regardes plus attentivement, les iris qui vibrent un peu, là, sur le blanc de ses yeux, et tu te rends compte que c'est qu'une image qu'il renvoie. C'est qu'une image et les couleurs elles se fanent un peu, après ta question partant pourtant d'un bon sentiment. Y a tout qui devient monochrome un instant, comme une vieille photographie. Tu t'approches et de tes doigts-pinceaux, tu le rends tout rouge, le gars. Tu voulais pas, tu voulais juste le ramener, tu savais pas trop où il était perdu, quelque part dans le grenier des souvenirs, quelque part tout là haut où il fait froid (parfois toi aussi, tu t'y perds, ce matin encore).

Puis il te répond. "C'était pas terrible". Tu comprends. Tu demandes pas plus. Tu sais que ça se fait pas de remuer le couteau dans la plaie. Tu sais qu'après ton accident, après ton coma, tu voulais pas qu'on te demande si t'allais bien, tu voulais pas qu'on te demande comment ça s'était passé. Des questions débiles, un peu trop délicates, qui se posent pas, tout simplement. Alors toi non plus, tu poses pas toutes les questions qui roulent pourtant sur le bout de ta langue. Tu les gardes pour toi, pour un autre moment, où tu les ravales, tu les digères et tu les oublies à jamais. Tu les étouffes. Il y aura des choses que vous ne vous direz jamais. Pendant que tu penses, lui il s'est penché, et il te ramène un agneau, maintenant. Il est mignon et doux. Et il te passe une main dans les cheveux, toi tu ressers un peu le petit dans tes bras, sur tes genoux qui ressentent pas son poids. Il est accroupi à côté de toi et tu restes sans rien dire. Tu sais pas y a un truc physique qui empêche les mots de sortir, tu rapproches un peu la tête de la sienne, puis t'as le cœur qui s'affole un peu quand ton nez frôle un peu le sien. L'agneau s'agite alors t'arrêtes de faire le con, tu te rattrapes à la dernière minute, tu retombes contre le dossier de ta chaise, tu lèves les yeux au ciel. Tu serres la mâchoire et tu souffles par les narines. Il est pas onze heures, tu sais mais J'ai la dalle. Tu fais, pour changer de sujet.
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MessageSujet: Re: Improbable (Crash)   Dim 8 Jan - 16:42

Ça y est, y a le mauvais qu’est reparti là, dans le passé. Bien enfoui dans ton esprit, bien enfoui dans ton cœur. Parce que tu essaies de tout recommencer. Parce que tu veux pas y penser. Non, pas quand il est avec toi. Alors, tu recréais cette bulle, celle que vous arrivez à avoir autour de vous. Spot qui se laisse caresser et toi. Toi qui ne peux que t’approcher encore un peu plus. Main glissée dans ses cheveux. T’as eu peur. Oui. T’as eu peur un instant, qu’il se crispe, qu’il fuit. Qu’il s’éloigne. Gêné, perdu ? Parce que toi. C’est ce que t’es. Perdu. De ressentir tout ça. De vouloir, t’approcher, t’accrocher. Lui sourire.

Rougir. Parce que y a son visage qui s’approche. Parce que y a sa peau qui frôle la tienne. Et, y a ton cœur qui bat, bat. Encore et encore. Si fort, que t’as l’impression qu’il va exploser. Putain. Tu veux fermer les yeux. Tu veux combler la distance, si petite, qu’il reste entre vous. Poser tes lèvres, là. Sur les siennes. Tu voudrais…Spot bouge, Crash se recule. La gêne sur son visage. La gêne sur ton visage. Tu le regardes. Tu sais pas quoi dire. Putain… Te racler la gorge. Et, doucement, venir récupérer l’agneau, tes mains glissant autour de lui, frôlant celles de Crash, mais, surtout, glissant sur son ventre. Ça t’électrise violemment, mais, tu fais comme si de rien n’était, lui souriant fortement. Riant même un peu en l’entendant. « Déjà !? » Tu te retournes, reposes l’agneau dans son enclot, et revient vers lui. « Et bien… » Te passer une main dans la nuque, y a un peu de gêne qui hurle dans l’air, la gêne de ton silence passé, la gêne du baiser ? Du baiser loupé.

Te rapprocher, se glisser dans son dos, glisser encore une fois ta main dans ses cheveux. L’égarant un peu trop, là, dans les petits cheveux qui recouvrent sa nuque. Là, sur sa nuque, frôlement de doigt sur la peau fine. Avant d’attraper les poignées, te pencher un peu sur le côté, pour qu’il te voie. « Je te propose dans ces cas-là d’aller voir ce qu’on peut faire pour ton estomac ? » Rester penché, le fixer, si fortement. T’as les yeux un peu trop noirs, trop profonds alors que tu le fixes. T’as cette envie. De te pencher encore un peu. Juste un peu. Et, tu pourrais. Mais, tu ne bouges pas, le ventre crispé, tu attends simplement. Oué, une réponse de sa part.
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MessageSujet: Re: Improbable (Crash)   Dim 8 Jan - 17:16

Déjà. Oui déjà. Oui déjà, tu veux quitter cet endroit, tu veux bouger, tu veux t'en aller. Tu veux plus qu'on vous regarde, tu veux plus qu'il y ait tous les yeux des moutons posés sur vous, tu veux plus qu'il y ait tout ce bruit, toute cette odeur, tu veux partir, ne plus revenir. Tu veux qu'il fasse froid, tu veux qu'il y ait une table qui vous sépare, tu veux qu'il te tourne le dos en préparant le repas, tu veux plus jamais rien lui dire, ne plus que le répondre par des bruits de fourchettes qui raclent l'assiette, tu veux manger la bouche ouverte, tu veux qu'il voit à quel point c'est difficile de faire passer ton fauteuil sur le pallier, tu veux qu'il comprenne à quel point t'es encombrant, à quel point t'es pas le mec qu'est censé être là, à respirer dans son cou. Tu veux prouver que t'es pas un mec si doux. Que t'es pas un mec si naïf. Tu veux gâcher les choses, t'es tout le temps comme ça. Tu gâches toujours tout. T'es pas fait pour la beauté de ce monde, t'as été conçu rien que pour le chaos et la destruction. T'es un petit con, rien qu'un petit con, on est censé avoir peur de croiser ton regard. Et ce type, il te fait croire le contraire, il te fait te sentir /fragile, vulnérable, et puis, aimé, un peu, dans le fond. apprécié, peut-être./ regardé. Ouais, c'est ça, c'est ça le problème. Ses yeux ils se décrochent pas de ton sourire et les tiens du sien. De cette bouche à laquelle tu as failli goûter, de cette bouche qui emprisonne encore tant de secrets. T'as les poings qui se serrent un peu, une fraction de seconde, parce qu'au final tu sais pas ce que tu veux.

Tu dis savoir, tu penses que le mieux c'est de tout casser, les gueules, les corps, les cœurs. T'as toujours fait comme ça. Tu t'es jamais attaché, parce que ça sert à rien, les gens ils finissent toujours par crever ou par fuir, alors tu les laisses pas la peine de t'abandonner dans les deux cas. Et tu ris, ensuite, un rire nerveux. T'es déjà sur la route, y a plus qu'un silence encore. Et tu ris parce que tu penses à tout ça, tu penses à tout ça alors que Walter, tu le connais pas, putain. Walter, c'est qu'un gardien de moutons au fin fond de la campagne où t'es coincé parce que t'as été un mauvais garçon. Walter c'est un type qui veut se reconstruire et toi t'es là justement parce que t'as tout démoli. Les espoirs, les rêves, le bonheur. T'as tout foutu en l'air. T'es une honte pour ta mère, t'es une honte pour tout le monde, et maintenant, tu l'es même pour toi. Parce que tu fais croire à ce type qui a rien demandé à personne... Tu lui fais croire... Qu'est que t'essaye de le faire croire, au juste ? A quel jeu tu joues ? Tu connais même pas la réponse à cette question, tu sais même pas si t'es attiré par les mecs. Ou si c'est que lui, si c'est que l'idée de lui. L'idée d'un type dont tu connais rien, l'idée d'un type qui connaît rien de toi. C'est ça qui t'attire, tu crois. C'est ça qui te pousse à vouloir joindre tes lèvres aux siennes, pour taire tous les maux que vous portez, les fardeaux que vous traînez à vos chevilles. Toi les roues et lui... lui tu ne sais pas, tu veux pas savoir, tu veux pas savoir.

Tu veux plus. Mais quand il te frôle le cou, y a tout qui se chamboule encore. Et t'as envie de lui crier Approche ! Approche ! Comme t'as fait pour allumer ta cigarette. T'as envie de lui crier Approche ! Approche ! Pour passer encore la main dans sa barbe et frotter vos sourires, les unir, là, sous le toit de l'étable. Mais non, c'est malsain. Non, tu sais que ça va mal finir, pour lui ou pour toi. Tu sais que juste après, tu te retourneras et tu lui parleras plus jamais, tu sais que juste après, tu remettras plus les pneus dans l'coin. Tu remettras plus d'étoiles dans ses yeux, parce que t'as pas envie de t'accrocher, t'as pas envie qu'il pense qu'il y a quelque chose qui peut s'faire, entre vous deux. T'es un mauvais gars, t'assumeras pas et tu lui feras du mal. Ou alors, c'est lui, qu'est mauvais, et tu le sais pas encore, c'est lui qui te fait croire en l'impossible et qui, dès qu'il en aura l'occasion, ira pêcher un meilleur poisson. Un truc entier, pas à moitié bouffé. Qui veut d'un truc pareil ? Qui veut de toi ?

Et vous roulez et vous rentrez et c'est joli chez lui, il fait chaud. T'enlèves ton pull, le débardeur part avec, t'essaies pas de le retenir, et tu le sens pas, mais ton collier se barre aussi. Il tombe par terre dans un petit tintement d'acier, tu renfiles ton haut, tu lui demandes Je pose ça où ? Puis tu fais pas attention à ton collier, que t'oublieras sans doute ici. Il l'a pas vu non plus. T'as la tête trop ailleurs, t'as un bordel d'idées qui s'entrechoquent dans ta tête. Et t'as Walter, surtout, agrippé à chacune d'elle. Tous ses rires qui résonnent un peu trop fort. Et tu te demandes ce qu'il a de plus que toutes celles que t'as aimé, ce Walter. Parce qu'il a quelque chose de spécial qui te fait pas te sentir bien. Il a quelque chose de spécial qui te fait découvrir l'attraction au masculin.
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MessageSujet: Re: Improbable (Crash)   Dim 8 Jan - 18:02

Tu ne sais pas ce qu’il se passe. Là, dans cette pièce, là, dans sa tête. Mais, tu sens que oui, y a quelque chose qui change, y a l’air qui se charge d’un quelque chose de désagréable. Et, t’aimerais bien grimacer, t’en aller. Mais. Non. Y a surement la gêne, surement les doutes. Tu peux comprendre. Oué, parce que toi aussi, tu sais pas trop ce qu’il se passe. Tu sais pas trop pourquoi y a tout ça entre vous alors…alors que vous ne vous connaissez même pas. Et, ça t’explose au visage. Et, tu comprends maintenant. Putain. Tu le connais pas. Il te connaît pas. Et pourtant, y a cette drôle de tension. Y a ces gestes bien trop intimes. Gestes de trop. Oué, c’est trop. Trop vite. Peut-être que d’abord. D’abord, il faudrait parler, discuter, se rencontrer, se connaître. Oui, parce que c’est flippant tellement. Et puis, t’es aussi tellement plus vieux. Toi, t’as pas peur. Peur d’embrasser, peur de…si t’as surement peur d’aimer. Mais, des relations t’en as déjà eu. Lui. T’en sais rien.

Walter, respirer. Soupirer, sourire. Parce qu’il le faut. Parce que pour que la vie soit belle, il faut sourire. Puis, le guider jusque chez-toi. Changer d’endroit. Changer d’ambiance. Entrer dans cette petite maison à l’aspect un peu vieux, mais, que t’as su bien rénover. C’est chaleureux et moderne, avec ces quelques touches d’âge ici et là. Comme la magnifique cheminée qui trône dans le salon. Fermer la porte. Te réchauffer. Te retourner, et sursauter. T’aperçois là, la peau blanche de Crash alors qu’il retire son pull. T’as presque l’impression de suffoquer. Alors, tu fais une chose que tu fais plus depuis longtemps. Te retourner et fuir. Comme si t’avais pas vu. Pas aperçu la peau tentante qu’il a osé te montrer. Surement sans faire exprès. Entrer dans la cuisine, qui est ouverte sur le salon et te retourner quelques secondes. Soupirer, rassuré, le voilà rhabillé avec son t-shirt. Et tu te rends compte que t’as chaud. « Oh, pose ça sur le canapé. » Celui qui est là, juste à côté de lui.

Te retourner, encore. Et, en profiter pour enlever ta chemise, pour ne rester qu’en simple débardeur noir. Celui qui ne cache pas grand-chose. Surtout pas tous les dessins qui se baladent sur ta peau. Qui se faufilent, là, sous le tissu. On se demande jusqu’où ils vont. S’ils s’arrêtent. Jeter la chemise sur le canapé et ouvrir le frigo. Sans jeter un œil à Crash. « Déjà, tu veux boire un truc ? J’ai, du sirop de citron et, des bières. Oh, de l’eau aussi, bien sûr ! » Tu te rends compte que y a pas grand-chose pour faire à manger dans ton frigo. Au pire, des pâtes carbo. Oué, ça peut être déjà ça. Sauf s’il n’aime pas, forcément.

Rester quelques instants dans le frigo, puis le fermer rapidement, les boissons à la main. Te retourner, le regarder, là, un peu de loin. Tu voudrais, tellement, lui parler de choses et d’autres. Lui faire comprendre que y a rien d’obligé, que y a rien de forcé. Que vous n’êtes pas obligés…d’être ne serait-ce qu’amis. Même si ça te fait chier. Même si t’as envie de hurler tout l’inverse. Tu veux pas, qu’il se sente mal en ta présence alors, tu pourrais oué, lui dire tout ça. Mais, tu restes juste là, silencieux. Et si…poser la question indiscrète et lui dire. Qui t’étais. Savoir qui il est, et lui avouer qui tu es. Était. Même si parfois, y a cette tension de replonger, trop loin. Fuir encore, te retourner, encore. Fermer les yeux. Sortir deux verres et commencer à préparer les boissons. Te racler la gorge. « J’étais un drogué. J’ai perdu des gens, je me suis perdu, beaucoup, et…. » Tu comprends pas pourquoi tu dis tout ça. Putain, tu l’as jamais dit, non. À personne. Et, tu sais pas si Crash, il va pas le gueuler sur tous les toits, si tu vas pas devoir encore, voir les regards malsains sur ta personne. Ceux qui te jugent sans savoir. « Et toi ? » Parce que tu voudrais, savoir. Pour le connaitre un peu plus. Mais. « Et, si ça te fait peur. Si tu veux pas, Crash. Si…y a pas de souci ok. Je te demande rien, je…je peux même te ramener si tu veux. » Te retourner, le fixer. Parce que t’es sincères. Parce que tu n’attends rien de lui. Tu ne lui demandes pas, tu ne le forces pas à se mettre à nu. Mais, t’as pensé qu’un peu de sincérité pourrait être bien. Oué, un bon pas pour commencer.
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MessageSujet: Re: Improbable (Crash)   Mer 11 Jan - 1:40

Il y a une succession d'actions que tu comprends pas, y a un mouvement que t'as pas suivi, y a des questions qu'il te laisse, mais c'est comme si en te rapprochant peut-être un peu trop de lui, t'avais reconstruit le mur qui vous séparait, ironiquement. Et tous ses mots s'y écrasent en vol, tu fais qu'hocher la tête, de l'autre côté de la barrière invisible, tu fais que choisir au pif parmi ses propositions, t'as besoin de boire, de ravaler toutes les putains de bêtises que tu pourrais sortir à la minute, rien que parce que t'as... peur ? T'es stressé ouais, tu paniques un peu, t'as les mains moites, tout ça parce que t'as jamais fait ça, toi. Embrasser quelqu'un. Tu connais les bécots, tu connais la baise. Mais les baisers, les vrais, les forts, tu les connais pas vraiment. Ceux qui ont du sens, ceux qui veulent vraiment dire quelque chose, pas comme ceux qui coupent les soupirs pendant l'acte. Tu les connais, ces derniers, mais tu ne connais pas les authentiques baisers, comme celui que vous avez failli échanger. Parce qu'il venait du cœur, celui-là, il venait de l'instinct et pas de la raison. Au contraire. C'est pour ça que t'as peur : parce que t'as aucun putain de contrôle sur tes gestes quand il est à côté de toi. T'es qu'un adolescent comme les autres, qui se fait trop plein d'histoires dans sa tête, qui se fait des idées, des films, sans vraiment vivre au final. Tu te restreins, tu t'obliges à prendre une certaine route, parce que t'imagines les autres et elles te font flipper. Alors tu prends le sentier facile, tu prends le chemin le plus court, tu prends la fuite. Tu fuis ses regards depuis tout à l'heure.

Puis tes yeux retombent sur lui quand il finit par en dire plus sur qui il est. Walter. Il y va au bulldozer pour abattre une nouvelle fois le mur entre vous. C'était un drogué. Et tu sais pas vraiment quoi penser de ça, tu sais pas ce qu'il te permettrait de penser de lui. Alors tu penses pas, c'est tout. Tu juges pas, au contraire. L'usage du passé te laisse croire que c'est un type bien, que c'est pas qu'un étranger croisé à la sorti d'un supermarché, mais aussi quelqu'un dont tu pourrais apprendre bien des choses. Il te fait prendre du recul, rien qu'en énumérant ce qu'il a perdu quand tout allait mal. T'as l'impression que y a pas que la drogue, qui fait ça. T'as l'impression que la colère (celle que t'as toujours eu), elle a le même effet. Tu finis par perdre ceux qui comptent pour toi (ta mère, ton père, ta sœur - tu sais pas si c'est à cause de toi ou non, mais vous n'avez jamais été en bon terme). Tu finis par te perdre toi-même (la preuve est là, t'as les jointures qui peinent à guérir et tu sais pas si t'es naïf ou méfiant, en sucre ou en poudre de diamants). Tu sais pas ce que tu veux. Tu sais pas ce que tu fous là. Et il te le demande. Et il insiste sur le fait que si t'as pas envie de t'ouvrir comme ça à lui, si t'as envie que ça s'arrête là, vous deux, t'as qu'à le dire. Mais t'as pas envie qu'il te ramène. T'as un réflexe, à chaque fois qu'on te pose la question. Y a ta main qui va serrer le collier de ton frère. Puis là elle retombe sur le cou, simplement, elle cherche, puis t'y vas avec les deux. Tu trouves pas. Tu trouves pas, merde ! Tu secoues ton pull posé sur le canapé, tu vérifies ton siège, tes roues, puis tu scrutes le sol, le souffle court, jusqu'à mettre la main dessus. Enfin. Les battements de ton cœur arrête de s'affoler. T'as les deux poings serrés contre les tempes, le collier dans l'une d'elle, tu forces sur les paupières pour que tes yeux se calment, ils sont devenus rouges et mouillés, rien qu'en imaginant un instant avoir perdu le collier. Tu sais pas pourquoi t'as arrêté d'y penser, alors que t'y penses tout le temps. Depuis deux ans. T'y penses tout le temps.

Tu sens la main sur ta nuque, pour te rassurer peut-être. Il comprend pas, ta réaction si soudaine. Tu lèves vers lui un sourire, un peu de soulagement, tu t'essuies le regard avec le dos de ta main, celle qui lâche plus le collier. Tu retournes près du canapé, tu lui tournes le dos, en fait. Comme si c'était plus simple, de pas le regarder en face. T'as pas envie de lui mentir (comme tu l'as toujours fait avec les autres). Mais t'as pas envie qu'il te voit dans cet état. Alors s'il est derrière toi, c'est mieux. Même s'il l'entendra dans le son de ta voix, que ça va pas quand t'en parle. Même après tout ce temps. J'avais seize ans, mon frère, Max, 18. Il allait quitter la maison pour faire des études. Il voulait devenir réalisateur. Y a des souffles à chaque point. On est sorti, avec ses potes, on voulait juste s'amuser. Y avait cette fille que j'aimais bien, Stella. Et des souffrances à chaque nom. C'est con, hein, mais on voulait juste s'amuser. On voulait juste célébrer l'obtention des diplômes, puis c'était l'occasion de fêter le départ de Max et un peu celui de Stella, aussi. Ils voulaient faire une colocation, eux trois, Stella, Max et Jo, au volant. Harlow lui, il fumait de l'herbe à l'arrière avec sa meuf, Candace - tout le monde l'appelle Candy. Parce qu'elle est jolie et sucrée. Elle mettait toujours des jupes trop courtes au lycée, j'm'en souviens. On a pas vu la voiture d'en face venir. C'est tout con. C'est arrivé comme ça, en un rien de temps. C'était une mère de famille en face - comme si ça pouvait pas être plus tragique, hein ? Elle avait une paire de gosses à l'arrière, mal attachés. Elle fuyait son foyer, après un excès de violence de son conjoint, selon les dires. Voilà pourquoi elle roulait si vite, face à nous qui roulions si vite aussi. Elle est morte, mais ses gosses ont survécu. Ils vont bien maintenant - je crois. Ils ont trouvé un foyer, aux dernières nouvelles qu'on a donné à maman. De notre côté, Stella est morte sur le coup. Elle s'est cassée la nuque. C'est la dernière image que j'ai eue, en fait. J'étais encore conscient, après le choc, mais j'avais été expulsé hors de la voiture avec elle, à cause de ma portière mal fermée. Ma ceinture était coincée dedans. C'est peut-être ce qui m'a sauvé la vie. La ceinture de sécurité. Je l'avais pas mise, mais elle était là. J'ai pas vécu les tonneaux de la voiture, Stella non plus. J'étais allongé sur la route et elle me fixait et j'arrivais plus vraiment à respirer. Je savais qu'elle était morte, avec du recul. Mais sur le coup, j'ai pas réussi à comprendre ce qui s'était passé. Un silence, tu te retournes et t'approches de Walter, enfin. Comme si t'avais enfin recréé votre intimité si instable. Harlow et Candy s'en sont sortis avec quelques éclats de verres dans la figure, rien de bien grave. Il s'est fait recoudre tout le long du visage, là. Tu traces la ligne en partant de sa joue jusqu'à son front. La pulpe du doigt qui caresse ainsi la peau de l'inconnu. Comme ça. Candy, qu'on connaissait bien bavarde, a plus jamais dit grand chose. Maman m'a dit que c'est elle qui avait retrouvé les corps de Jo et Max. T'as les yeux qui se constellent, les larmes qui se forment. Ils étaient... Ils ont... Disons qu'ils ont pas été épargné, ce soir-là. Mais tu les arrêtes. T'es plus fort que ça. Les gens,

Les gens ils me demandent souvent comment j'ai perdu l'usage de mes jambes,
Mais y pas que ça.
Mon frère, c'est toujours celui qui m'a aidé à avancer dans la vie.
C'était ma béquille. Mon pilier.
C'est lui que j'ai perdu.
C'est pour ça que maintenant, je tiens plus debout.
Et Candy, elle est venue me voir à l'hôpital, après l'enterrement. J'pouvais pas y être, dans mon état. Alors elle m'a ramené quelque chose qu'ils allaient jeter dans la tombe avec lui. Elle m'a ramené ce truc, là
- tu montres le collier. qui vaut pas grand chose au final. Elle me l'a ramené et elle m'a dit
"Il aurait voulu que tu le gardes". (Derniers mots que j'ai entendu d'elle)
Et je lui en ai voulu de parler pour lui.
Je lui en ai voulu parce que je refusais d'admettre qu'il parlera plus jamais.

Et depuis,
J'sais pas.
J'suis en colère.
J'suis violent.
J'suis instable.
- Sans ma béquille, tu sais ?

J'veux pas,
J'veux pas que tu crois qu'on peut s'attacher, l'un à l'autre.
J'sais que c'est tôt, mais c'est comme ça, je le sens.
C'est con, mais je le sens, je le sais. Y a un truc avec toi, j'ai pas encore mis le doigt dessus, mais y a un truc. Et j'suis peut-être aller trop loin tout à l'heure, à cause de ce putain de truc, et maintenant, j'pense que j'ai juste peur.
Peur que
Tu t'attaches et que je finisse par
Te faire du mal.
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