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 i can feel you when i breath

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Mona Sanders
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MessageSujet: i can feel you when i breath   Jeu 5 Jan - 1:53

t'étais allongée sur le sable, tu te baignais dans le crépuscule d'une journée dont tu ne voyais plus la fin. et les couleurs frémissantes de la nuit qui s'abattaient sur l'horizon, et l'odeur de la mer qui sommeillait puis le chant lointain des oiseaux. de tes yeux tu cherchais les étoiles, puis un peu la lune parce qu'elle était belle, la lune. tu en venais à te laisser aller, t'oubliais un peu la vie et aussi ce que tu faisais ici. l'sable s'immisçait entre tes cheveux, caressant tes lèvres, fouettant tes pieds. tu prenais cette bouteille de vodka, tu grimaçais à la brûlure du liquide. c'était là pour maintenir la flamme qui est en toi, tu te devais de la nourrir pour ce genre de soirée qui s'annonçaient trop longue et encombrante. ce soir, tu ne voulais pas dormir, et ce soir, t'allais fricoter avec le noir. tu savais que tout irait mieux, parce que le diable s'était immiscée avec toi, les échoués de la mer, les enfants de la pénombre. gino n'était pas très loin, tu pouvais sentir les effluves de son parfum. tu ne souriais pas en t'imaginant sa présence, tu fermais simplement les yeux. gino il avait le goût des braises, gino il avait la couleur de la vie. la couleur de la vie mais pas celle à laquelle on vous destine, non, l'autre vie. l'autre côté, l'envers du décor, celui qu'on regarde d'un mauvais oeil. sauf que toi mona, t'aimais son odeur, t'aimais sa couleur, t'aimais la vie à travers ses yeux, t'aimais sa présence, à ta manière.
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Gino Salvatici
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MessageSujet: Re: i can feel you when i breath   Jeu 5 Jan - 16:37

J’avais étendu mon manteau sur le sable, comme une couverture de survie. Faut dire que l’idée de la plage, quand le soleil rejoint la mer, en plein hiver, n’était pas la meilleure qui soit. Le vent s’engouffrait dans le col de ma chemise et j’avais quelques frémissements là, le long des bras et dans le dos, jusqu’à la racine des cheveux, qui n’étaient pas sans rappeler qu’il me restait quelques sensations.
Mona était pas loin et de temps en temps j’entendais sa main se saisir de la bouteille.
J’avais refusé à plusieurs reprises quand elle me la tendait.
J’avais besoin de rester lucide, pour une fois, maître de moi. J’avais des idées qui me couraient dans la tête et il me fallait rester sain et lucide.
Sain et lucide.
La trente sixième cigarette de la journée coincée entre les lèvres, je me relève, appuyé sur mon coude, tourné vers Mona qui se perdait dans la contemplation d’un ciel changeant.
- Bon Mona, au lieu de mater le ciel qui te trouve pas aussi belle que toi tu n’le trouves beau, tu veux pas qu’on aille voir si la mer est chaude ?
Elle ne dira pas non.
Elle ne dira pas non, sinon c’est ma main qui viendra tirer un à un ses vêtements puis je la porterai dans l’eau glacée et nous hurlerons comme des écervelés parce que putain comme elle est froide la mer en Angleterre et je le jure que c’est la dernière fois que j’y fais ça.
Mais moi j’ai d’autres idées qui courent à l’intérieur.
Je les attrape au vol.
J’ai envie de jouer, ce soir.
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Mona Sanders
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MessageSujet: Re: i can feel you when i breath   Ven 6 Jan - 23:29

t'étais là et puis t'aimerais ne plus y être, t'enfoncer dans l'sable jusqu'à perdre la tête. c'était pas question de mourir, simplement d'connaître autre chose puis peut-être de changer de corps. ou devenir aussi légère qu'un grain de sable, ouais, pour te faire emporter par le vent sans rien décider, sans prendre la peine de choisir quoi que ce soit. sentir autre chose que la douleur permanente qui te traversait le corps. tu buvais encore un peu, c'était pas pour autant que t'étais bourrée puis d'ailleurs, la nuit n'avait pas réellement encore commencé. finalement une voix brisait le silence qui t'avais enveloppé dans ses bras, et tu l'détestais un peu pour ça. tu fronçais les sourcils à sa remarque, parfois gino il était pas fait de dentelle et c'était agaçant. la mer est aussi froide que ton coeur. tu finissais par te relever, tu prenais pas la peine d'essuyer les grains qui te parsemaient le corps. en fait, tu te contentais d'attraper ta bouteille pour te désaltérer quelque peu, histoire d'avoir un peu plus chaud au milieu de l'eau glaciale. pourquoi t'avais accepté, t'en avais aucune idée, et puis tu te disais que toute manière t'allais pas en mourir. tout ce qui nous tue pas nous rend plus fort, et toi t'avais besoin de force tous les jours mona. ouais, tous les jours, toutes les nuits surtout. tu sautillais sur place, tu tournais à quelques pas de là. les cheveux te cachaient le visage, les bras en l'air comme une ode à la mer. tu finissais par redevenir immobile, plongeant ton regard sur le corps trop froid de gino. viens, je t'attends. et tu reculais, malicieusement, l'regard perché dans ses cheveux en pagaille qui te retournait les entrailles.
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Gino Salvatici
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MessageSujet: Re: i can feel you when i breath   Sam 7 Jan - 13:49

- La mer est aussi froide que ton cœur.
Je me contente de glousser à sa remarque, l’œil animé de malice. Elle n’a pas tort. C’est vrai qu’il ne fait pas très chaud, à l’intérieur. Sûrement à cause de cette espèce de bête qui repose dans mes entrailles et qui dort, je jurerai que parfois c’est elle qui me fait parler et agir, elle rampe le long de ma gorge, pénètre ma langue pour la faire bouger et produire des sons qui formeront des sons puis des mots puis des phrases.
Il faut croire que c’est comme ça qu’elle vit et qu’elle s’alimente.
Mona se lève finalement et son geste fait fleurir un sourire pâle et satisfait sur ma figure. Elle s’agitait alors sur le sable, ses petits pieds martelant la poussière pailletée, ses cheveux comme une corolle vivante.
- Viens, je t’attends.
Son dos vers la mer en même temps que son corps tendu vers moi. Tiraillée vers deux pôles, la Mona.
Je me fais désirer, prenant tout le temps qu’il faut pour retirer un à un les boutons de ma chemise, achever ma cigarette et laisser le froid mordre avec ses toutes petites canines ma chair hérissée. Le pantalon rejoint les autres au sol et il n’y a plus qu’un caleçon qui couvre ce qu’il faut.
Pour jouer au pudique.
Je m’élance alors comme un fou furieux vers Mona, le sable mou ralentissant ma course et j’attrape au passage la main de Mona que j’entraîne toute entière dans la force et la vitesse. Au milieu de tout ça, il y a mon rire de surexcité, de grand malade, qui résonne de partout, qui dot réveiller les vieux pêcheurs déjà au lit et qui provoquerait même une tempête.
Le rire se transforme en hurlement hystérique lorsque l’épiderme rencontre la marée.
Claque violente, électrique.
Chaque muscle se tend et le hurlement s’éteint avec les mâchoires serrées.
- La technique, Mona, c’est de plonger la tête la première, pour pas avoir froid.
Je suis pas certain de moi.
Mais je lâche sa main et je plonge dans l’étendue glacée, les yeux grands ouverts, offerts au sel, aux larmes. Parce que je ne suis pas un lâche, parce que je vais au bout de mes idées, je crois que je serai prêt à répandre des morceaux de moi pour être légitime aux yeux des autres et à mes yeux d’abord. Parce que je tiens presque toutes mes promesses quand je les tiens vraiment. Parce que Mona m’a appelé avec ses deux grands yeux voilés de cils, sa bouche tendue vers moi qui criait sauve-moi ! et tue-moi ! en même temps.
Elle a demandé sans le dire à fricoter avec le suppôt du diable.
Puis ma face trempée rejoint la surface et je me sens terriblement vivant ou presque mort, je ne sais plus. Dans un état second, proche de la folie sans doute, j'entends de nouveau mon rire aux éclats acérés se répandre dans l'air.
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Mona Sanders
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MessageSujet: Re: i can feel you when i breath   Sam 7 Jan - 20:56

tu l'regardais lui, lui et son silence, lui et sa froideur naturel. il se fondait dans l'décor comme une statue de marbre, alors que toi t'étais là et tu bouillonnais. la vodka se délectait de tes lèvres, parce que t'étais belle mona. t'étais l'genre grande gamine, un peu trop bonne, l'regard qui en dit long sur tes intentions. alors ouais, tu l'regardais mal gino, puis peut-être que c'était l'signe que tu voulais t'envoyer en l'air dans la mer avec lui. lui et son coeur gelé, t'avais envie d'le réchauffer. tu l'regardais toujours, la flamme crépitante au fond d'ton corps. tu finissais par ôter tes vêtements, alors tu t'retrouvais sous l'crépuscule à moitié nue, et tu claquais des dents. tu respirais à grandes goulées, histoire d'glacer ton sang et d'te dire que de toute façon, ça serait bien pire une fois dans l'eau. et gino venait saisir ta main, et tes pieds foulaient le sable comme une gamine surexcitée. il avait la folie qui explosait de son corps, et tu t'laissais envahir par c'trop pleins de sentiments que tu ne savais pas gérer. tu gueulais avec lui sans trop comprendre, comme une louve répond aux appels de la meute. un, deux, trois, aaaaaah. tu finissais par rugir d'autant plus, tu t'laissais envahir de tous ces frissons, incontrôlés, incontrôlables. tu ne sentais plus tes extrémités, tu perdais la notion de mouvement. en réalité, tu ne ressentais plus rien, et ça te plaisait. t'étais un steak congelé qu'on lançait sur une poêle bouillante, palpitante. tu n'étais qu'un steak, mona, rien de plus. puis ton corps s'harmonisait avec l'eau, la température glaciale enveloppant tes membres atrophiés, c'était la douceur d'une mère que tu n'avais jamais connu, c'était la mer tel que tu ne l'avais jamais vu. alors te voilà ici, immobile, les sons c'étaient échoués contre les vagues comme des bouteilles d'espoir qu'on lançait dans les eaux du monde entier. tu te tournais vers gino, gino et ses conseils à chier. toi t'y croyais pas une seconde, même si t'avais bu, même si l'alcool s'était évanoui de ton corps au contact électrisant polaire de la manche. puis tu l'voyais plonger, il était parti s'noyer avec les poissons et c'était presque trop poétique pour que ce soit réel. t'entendais même pas la sérénité de l'endroit où vous vous trouviez, c'était peut-être qu'un rêve. et toi mona, tu voulais rester dans la réalité, tu voulais t'réveiller, tu voulais vivre sous toutes les formes possibles. ouais, même si ça voulait dire se faire mal. alors tu plongeais avec lui, à ses côtés, parce que t'en avais plus rien à foutre de toute manière. t'étais étourdie, tu ressentais toute cette douleur qui prenait place au fond de toi. tu ressentais tes entrailles comme jamais, tu t'glaçais l'coeur toi aussi. la tête immergée, tu finissais par ouvrir ta gueule de gamine écervelée et tu criais. aucun son ne sortait, simplement des grosses bulles qui étaient chargés d'un tout qui n'était rien. et tu t'relevais, incapable de rester une seconde de plus ici. t'allais chercher d'l'air comme un camé cherchant son paquet d'héroïne. et ça, ça prouvait bien que la dépendance la plus meurtrière des hommes, c'était l'oxygène. t'étais pas autrement que les autres mona, t'étais qu'une camée et tu la prenais à grande goulée. tu finissais par dégager tes cheveux de ton visage, tu finissais par rire en voyant gino sortir de l'eau. tu rigolais, tu rigolais parce que t'étais incapable de parler. ta mâchoire était si contractée qu'elle était incapable de fonctionner autrement. puis t'étais toujours là immobile, tremblante, glacée mais vivante, et c'était la seule chose qui était importante.
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Gino Salvatici
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MessageSujet: Re: i can feel you when i breath   Sam 7 Jan - 22:44

On émerge tous les deux à la surface, presqu’en même temps. Anesthésiés, engourdis. Moi non plus je ne sens plus mon corps, j’ai l’impression d’être lourd et immobile. Les violents frissons couplés aux claquements de ma mâchoire me rappellent que je suis encore conscient. Mona rit aussi, elle rit et elle est vivante. Mes jambes et mes bras font un tas de remous dans la mer, pour activer la circulation. C’est la première fois que je me baigne dans une eau si froide, sans rien pour protéger mes chairs, alors j’ai comme un mécanisme de survie qui s’active.
Je brasse vers Mona et je commence à lui éclabousser le visage, même si elle est déjà trempée. Les éclaboussures deviennent des vagues de plus en plus grandes mais je l’entends encore rigoler alors je me dis que je n’ai toujours pas franchi la limite. Je nage encore un peu, grelottant comme un chien laissé trop longtemps sous une pluie battante. Mes bras viennent entourer le corps de ma sirène et j’ose espérer y trouver un foyer ardent, un peu de chaleur, de quoi calmer les frissons qui régissent mon être. Rien, elle est aussi froide que moi, aussi froide que l’âtre vide qui remplace ma poitrine.
Mais.
Je crois que la friction amène la chaleur.
C’est scientifique, probablement prouvé, certainement pas inventé.
Allez, ravive le feu, Gino.
J’attrape alors son visage froid dans mes paumes froides et je commence à poser mes lèvres un peu partout, sur le front les sourcils le nez le menton les joues la racine des cheveux, partout sauf la bouche car la bouche elle n’attend ça comme je n’attends que sa bouche et il faudrait faire tout de même preuve de patience, le feu n’est pas encore allumé, pourquoi ruiner déjà le combustible ?
Des rires complètement allumés viennent s’opposer aux baisers.
- Tu me fais confiance, Mona.
Ce n’est pas une question. C’est un fait, c’est un constat, comme on dirait « c’est comme ça ». Tu me fais confiance Mona et tu n’as pas le choix, parce que tu as soumis l’idée, le désir de te sentir vivre et vivre c’est sentir ton cœur battre partout dans tes bras, dans tes oreilles, dans ton ventre, dans tes chevilles et au delà de vivre moi ce que je te propose, ce que je te propose, Mona, c’est de naître une deuxième fois.
Je m’enfonce un peu plus dans l’eau pour embrasser son ventre aussi, pour l’engourdir un peu plus. Je pense aussi que l’alcool commence à faire son tour du monde dans ses veines bleues et que la résistance laissera bientôt place à la confiance. Alors j’appuie sur ses épaules, je l’attire vers le fond.
Au début, je coule avec elle.
Deux enclumes vers le sable.
J’appuie sur ses épaules et
- Ferme tes yeux.
Elle ferme ses yeux et j’appuie sur sa tête, sur le sommet du crâne, pour l’attirer dans l’eau noire, elle pourra les ouvrir elle ne verra rien, rien que mon ombre juchée sur sa personne, mon ombre bien plus lourde que le ciel qui ne lui laissera dans la bouche que le goût du sel, du sel partout, avalé, presque étouffée. J’attends patiemment.
Les premiers signes.
Les premières défenses, les prémices de la lutte.
Le poisson mord à l’hameçon. Il tord sa ligne. Tire et se débat.
Je lâche alors la pression sur son crâne et la remonte en la soulevant par les aisselles.
L’oxygène regagne le corps, prend sa place dans les cellules, circule dans les poumons.
Je regarde alors Mona, hilare, fou de joie. Fou tout court.
Et parce que je veux être important dans son existence, à cet instant, je veux être celui qui lui donnera sa deuxième bouffée d’air frais. Je lui donne alors sa récompense, celle de mes lèvres contre les siennes, martelant son visage avec passion, cognant la dentition, rencontrant le muscle de la langue. Tendu contre elle …
J’entends crépiter.
Là, dans l’âtre vide, le feu a pris.
Comme par magie.
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Mona Sanders
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MessageSujet: Re: i can feel you when i breath   Dim 8 Jan - 0:37

t'étais en pleine baignade dans la manche un soir de lune, un soir de janvier. vous remplissiez la mer à deux par vos rires, vos cris. puis vous pouviez mourir de froid maintenant, tout le monde s'en ficherait parce qu'ils diraient simplement que vous étiez deux inconscients. sauf que tu respirais mona, tu respirais et tu te te laissais aller dans un total oubli du reste, éprise par la mer glaciale qui pourtant, semblait plus accueillante que la plupart des bras du monde entier. puis gino qui s'approchait, s'agitait, t'éclaboussait. tu riais, tu ripostais, tu commençais à t'agiter dans tous les sens. t'avais du mal à sentir ton corps, à faire fonctionner tes muscles congelés, mais putain tu pouvais plus t'arrêter de gesticuler. tu maintenais ta tête hors de l'eau, les yeux grands ouverts parce que c'était l'moyen d'signaler que t'étais encore ici, avec lui. puis gino il était juste là, juste devant devant, tu l'regardais de tes yeux noirs noisettes, tu l'sentais venir et tu pouvais pas t'empêcher de rire. ils t'arrachaient des frissons, t'avais bien l'impression que ta peau allait se détacher de ton corps tant ils étaient intenses. tu venais enrouler tes jambes autour de sa taille, tu t'accrochais à lui comme à une bouée de sauvetage. puis ses lèvres sur ta peau, c'était tout ce que tu retenais. fallait bien l'dire, toi tu savourais tout ça mona. ouais, sa tendresse de marbre avait l'goût d'une oeuvre d'art, l'genre inestimable qui nécessite simplement d'le vivre. gino c'était un peu la vie, ouais, même s'il était plutôt assassin. alors toi t'étais à sa merci, tu t'laissais manger et t'attendais qu'ils viennent à tes lèvres comme un enfant peut attendre un morceau de chocolat. tu voulais goûter sa peau odeur de mer polluée, sauf qu'il ne vint jamais. et toi tu ne riais plus contrairement à lui, tu l'regardais trop sévèrement puis même que tu te détachais. gino il sortait souvent des conneries, toi tu l'savais bien et puis s'il croyait vraiment que t'avais confiance en lui, il se trompait. ou alors c'était toi l'aveugle mona, de toute manière t'as jamais été réellement capable de voir avec tes grands yeux d'enfant. puis ces derniers temps t'avais beau penser que t'étais faite des flammes de l'enfer, sauf que c'était simplement être une femme qui te mettait à terre. sauf que là tu planais, tu planais dans l'eau et tu perdais le fil du temps, tu perdais tout et il ne te restait plus que lui et ses cheveux mouillés qui goutaient sur son visage. tu ne comprenais pas tellement la suite, c'était encore un jeu de gino et parfois, tu l'suivais sans aucune raison apparente. de toute manière, lorsque t'étais avec lui, tu perdais vite l'contrôle et tu t'laissais aller à la vie qu'il t'inspirait. t'en venais à fermer tes yeux, t'espérais peut-être au fond d'toi qu'il allait finir par se délecter de ton corps une nouvelle fois, seulement, tu t'retrouvais à embrasser l'eau salé. tu sentais le poids de sa froideur, puis tu voyais noir ici bas et ça te plaisait pas tant que ça. t'étais surprise, et à vrai dire, t'avais un peu peur. et tu ne voulais plus jouer, parce que tu avais besoin d'air, t'avais besoin de te camer à l'oxygène comme on t'avait appris depuis tes premières secondes sur terre. tes yeux s'étaient ouverts, tu sentais ton corps se débattre, les bulles d'air qui sortaient de ta bouche remontaient à la surface, c'était des appels à l'aide, c'était des appels au secours. comme bon nombre de bouteilles échouées sur les plages, tes mots n'allaient pas trouver entendeur. et tu criais, aussi fort que tu pouvais. tu ne savais plus combien de temps tu avais passé ici, sous ses mains meurtrière. et lorsque tu sentais la faiblesse gagner ton corps, lorsque tu sentais l'eau salée s'engouffrer dans tes poumons, tu finissais par avoir cet appel d'air. t'étais remontée à la surface, et tu respirais, tu respirais plus que jamais, à grande goulées, tu respirais, tu respirais et t'avais les yeux perdus sur la volupté. tu t'sentais rejeter de l'eau tout en plongeant ton regard apeuré dans l'sien, c'était un flot d'insultes silencieuses. tu respirais comme une droguée en pleine montée, tu ressentais plus rien en dehors de tout ton corps, tous les muscles, tous les os, tous les frissons, toutes les articulations. tu pouvais même toucher du bout des doigts ta maladie, prête à l'extirper de ton corps. seulement gino venait comme un tsunami déverser un trop plein passionnel, et pourtant, lucifer devait entendre à quel point tu l'détestais maintenant. sauf que mona, t'étais vivante, et tu l'ressentais si fort que ça n'avait aucun bon sens. et ses lèvres sur les tiennes, et ce corps contre le tien, et tes mains s'agrippant à ses cheveux. tu l'embrassais si fort que t'en avais mal, si fort que c'était peut-être la première fois que t'embrasais. et la flamme ardente de ton désir crépitait, espèce de folle. tu t'reculais finalement de lui, prise d'une passion qui faisait rage. tu t'éloignais difficilement pour venir abattre ta main sur sa joue, le tatouant de cet élan de vie de tes mains maladives. tu l'regardais, tu bougeais dans tous les sens, et tous les pores de ta peau lui criaient de venir t'embrasser à nouveau. et toi mona, tu m'mettais à rire parce que t'étais vivante, t'étais vivante et tu respirais pour la première fois comme ça.
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MessageSujet: Re: i can feel you when i breath   Dim 8 Jan - 10:51

Il y a alors eu ce moment jouissif lorsque ma main écrasait sa tête sous la surface de la mer. Ce moment de suprématie, de domination, où seules les puissances combinées de ma paume et de mes doigts agissaient ensemble, de concert, pour maintenir ce doux visage dans la marée. C’était ni plus ni moins une simulation de noyade, une strangulation par les eaux. J’arrachais alors un sentiment de satisfaction, de plénitude à tout cela, me sentant fort, dans la position de l’homme qui écrase tout et tout le monde et surtout les femmes qui plient devant lui, à genoux. Un sentiment de plénitude à la sentir se débattre en dessous, être le bourreau et le sauveur et savoir qu’elle me serait reconnaissante, au moins quelques secondes dans son existence, qu’elle ait courbé l’échine devant moi, qu’elle avoue qu’elle était toujours en vie grâce à ma personne.
Je tirais toutes les ficelles de ce jeu malsain.
Je décidais de tout.
Je jurerai que Mona n’avait pas l’air tant remontée contre moi, il n’y avait qu’à voir comment elle s’agrippait à moi, fiévreuse et tremblante, cherchant l’air à travers mes lèvres entrouvertes. Moi je lui insufflais alors sa récompense et je souriais en même temps, j’avais cet affreux sourire de celui qui triomphe, celui qui tient la tête de l’animal qu’il a vaincu dans sa main droite, il l’a brandit alors devant la foule et clame haut et fort regardez ce que j’ai accompli. Le sourire satisfait, bien heureux.
Mona s’écarte alors et laisse un courant d’air glacial glisser sur ma peau.
Je fronce les sourcils et mon sourire tombe à l’eau. Elle vient sans prévenir, je ne m’y attendais pas. Force et violence animent sa paume à elle qui vient s’abattre là, sur mon visage, dans un bruit mat et distinct, celui de la claque.
Pire, elle ose rire.
Les traits de ma figure se déforment peu à peu et je sais très bien ce qu’il va se passer parce que je me connais par cœur, je connais les tréfonds de mon âme et les recoins les plus sombres, ceux dans lesquels la bête plaît à se lover, à attendre qu’on lui envoie des bout de viandes formés à partir de cris et de larmes. Elle va recevoir, elle attend, elle s’éveille, elle fait les cent pas dans mon ventre. Les traits de ma figure se déforment et le masque de l’homme rieur et joueur laisse place à l’homme colère à qui il ne reste plus la folie et la furie. Je pourrais alors la saisir par les cheveux, la tirer en arrière, abattre mon poing sur son doux visage, faire éclater l’arcade sourcilière et la lèvre pour faire s’envoler le précieux liquide, je pourrais briser la pommette et créer un véritable ciel sur son visage, ainsi elle n’aurait plus à lever les yeux pour le contempler mais seulement à se regarder dans le miroir, apercevoir son reflet, elle y découvrirait de nouvelles galaxies. Peut-être même qu’elle me dirait alors merci.
Je nage vers elle. Ma paume enserre son cou pour la rapprocher de moi. Je colle ma bouche à son oreille.
- La dernière fois qu’une fille a osé lever la main sur moi, je lui ai planté le canon de l’arme, là, entre les deux yeux …
Là, entre les deux yeux. Je recule un peu et je plante le majeur et l’index au même endroit, mes doigts s’enfonçant un peu dans la chair molle et humide. Mon visage ne se défait point de sa figure. En réalité, avec l’autre, c’était Julia son prénom, ce n’était rien, je n’avais rien fait. Rien qu’une menace, pour lui rappeler que j’étais moins soleil qu’ombrage et qu’à trop vouloir se mesurer à ma personne, on finissait bien par y laisser son beau plumage. Mais elle avait cherché, il restait même un peu de sang sur son front, le sang de quelqu’un d’autre, et j’avais alors léché ce front pâle et mouillé d’angoisse comme pour dire tu vois, je suis une bête attentionnée et je lèche tes plaies.
Je frissonne du froid des eaux noires.
Je prends encore plus de distance et je me mets à nager vers le bord de la plage, laissant Mona à la mer. Je n’irai pas la chercher, cette fois.
- Démerde-toi, maintenant.
Elle a osé bafouer mon égo, s’interposer avec sa claque. Je ne le supporte pas. Je sors de l’eau, me tenant frileusement le corps. Je me rhabille alors, ne prenant pas la peine de me sécher car il n’y a rien pour ça et je ne suis pas rendu au point de me rouler dans le sable. J’enfile le pantalon, la chemise qui colle désormais à l’épiderme. Le manteau est sec, lui, il apporte une couverture lourde et presque chaude. Je cherche à tâtons mon paquet de cigarettes – la nuit est finalement tombée. J’en allume une, presque rageusement, enfermé dans un écrin de rage et de colère.
Ça palpite dans mes paumes et dans mes doigts mais il faut que je maîtrise tout ça, que je souffle sur ces braises parce qu’ici n’est pas l’Italie. Je passe ma langue sur mes lèvres brûlées par le sel.
Je sens presque comme une tristesse, quelque chose d’indéfinissable. Parce qu’elle me l’a demandé, elle a voulu baigner dans une toute autre mer, faite de flammes avides, qui lui mangerait le corps jusqu’aux os. Elle voulait voir les Enfers de plus près et moi je lui ai tendu la main pour descendre les premières marches de l’escalier et la guider ensuite vers le cœur du magma.
Peut-être qu’elle a eu peur du feu.
De moi.
Ma cigarette me donne envie de vomir, elle est trempée et on dirait que je bois la tasse en m’étouffant.
J’ose espérer que ma mauvaise foi et mon attitude puérile d’enfant gâtée fera revenir Mona en rampant, mielleuse comme une chatte, s’étirant contre moi, ronronnant, m’attisant et m’apaisant avec ses caresses tendres, massant mes chairs avec ses cuisses pour que je doive lui accorder un tant soit peu d’importance et ainsi lui faire croire qu’à mes yeux
elle existe.
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